Bouche ouverte, 2000 (with Judith Josso)
Among ancient sculptures, the spectator is confronted with two homemade blow up dolls (of the artists). The bodies exist with all their faults, and the materials are not smooth or cleaned up shiny.
(mouth open in a big circle or rather lips welded shut - from Pierre Alferi's Le cinéma des familles)
Volumes (latex, expanded foam, paint)
I am an object.
I am a woman and I am an object.
I am a man and I am an object.
When Courtney Love jumps in the crowd she shares her body - body object.
When Eddie Vedder jumps in the crowd he share his body - body object.
Madonna becomes the various people she role plays - that is why she is not touched - the she that is touched is not the she-object. She touches her she-subject. She touches herself - insight - insight as power.
I am a hole.
I am pierced.
If a sound comes out of my mouth nothing can enter it.
-in this moment-
A laugh exits one of my holes.
In fact, we are no blow up dolls anymore
These are latex reproductions
The lollipops
Vénus de choc
Le musée des Moulages est une curiosité en soi. Il rassemble courageusement plus de 2 000 ans d’histoire
Les poupées gonflables de Judith Josso et de Kate Ross.
sous la forme de copies de plâtre des plus grandes sculptures de la civilisation occidentale. Des chorés au quadrige en passant par les Vénus et Apollon, toutes les silhouettes sont là comme une foule immobile et compacte sous la verrière de la rue Rachais. Il fallait presque du culot pour proposer à de jeunes artistes de venir jouer l’incruste à l’ombre de l’art grec, romain ou carolingiens. Deux associations, A bruit secret et In phase (Tram vidéo) n’ont pas résisté pourtant au charme surréaliste du lieu et ont lancé l’invitation à cinq d’entre eux. C’est avec modestie cependant qu’elles ont choisi d’appeler l’exposition “Insinuations”. Le but de cette confrontation n’étant pas de tordre le cou aux anciens mais bien d’aiguiser la curiosité du public.
Il faut donc prendre le temps d’aller à la rencontre des œuvres contemporaines dispersées sur les murs, le sol, accrochées au plafond ou tout simplement collées contre les statues de plâtre. Fabrice Cavaillé a utilisé ce matériau fantastique qui s’offrait à lui puisqu’il a mélangé l’antique et le moderne dans une image bricolée artisanalement, il s’est amusé aussi à disposer un mini-travelling autour d’une Vénus, le bruit d’un film super 8 ajoutant encore de la chair au long baiser qu’il y a déposé. Mathilde Boureev ne s’est pas embarrassé des corps aux formes classiques, elle s’est inspirée par contre de l’idée de la statuaire pour décliner à sa manière une fresque vidéo. Le bas relief avale et plaque contre le mur des visages et des silhouettes autrement modernes !
Des statues peu orthodoxes
Judith Josso et Kate Ross, quant à elles, ont l’habitude de travailler ensemble et parce que le centre de leur préoccupation est justement la femme, elles n’ont pas résisté à remettre en question les archétypes bien ficelés qui s’alignent ici. De la belle mais salope Aphrodite à la vertueuse Pénélope, elles ont choisi leur camp ! “Je ne comprends pas cette femme qui attend alors que son Ulysse passe son temps à la tromper”, soupire Kate Ross. Elles se sont imaginées toutes les deux en poupée gonflable avec des bouches grande ouvertes afin d’annoncer la couleur. Ces corps bricolés maison sont la réplique exacte du leur, et si ils ont bien une tête de produits érotiques standardisés, leur réalisme met cependant mal à l’aise. L’exposition Insinuations a le mérite de nous faire rencontrer la nouvelle génération des artistes de la région, issus des écoles des Beaux-Arts et qui surfent sur les images et les supports avec beaucoup de naturel.
Hauviette Bethemont 19.01.00